Le pas lourd sous une lune pleine, je chevauche un trottoir trop gris à cette heure trop lourde. Le coeur lourd et rempli de chagrin je déambule vers chez moi où personne ne m’attend, où personne ne m’espère. La tête remplie de pensées, la tête remplie d’espoir, de désespoir. Le chemin est long et le vent est bon. L’appartement se fait sentir de plus en plus proche, comme au bord des larmes, mes pas résonnent dans un vacarme. Enfin la maison, mes jambes lourdes montent une à une les marches brunes qui me séparent de mon antre, de mon nid où bien je suis. Aussi haut que mon coeur, au bout de ma course, repose sur l’entrée des fleurs déposées. Ces marguerites que l’on effrite, de leurs pétales une à une, elle m’aime, un peu beaucoup, énormément, à la folie, pas du tout. De tristes marguerites, qui percent mon oeil de leurs tiges effilées pour laisser les larmes déversées. Quelqu’un pense à moi, quelqu’un quelque part tient à consoler ces tristes pensées que j’ai, que j’ai. Mais d’un sourire effacer pour laisser la place au sanglot, je ne peux pas contrôler le flot. Pourquoi est-ce ainsi que le passé revient, ce passé dont je n’ai pas envie? J’ai eu d’abord envie de les détruire, mais sur la table elles se sont retrouvées, rose, mauve et jaune elle décore maintenant la table, dans le simple but de me rappeler. Me rappeler que j’ai souvent aimé, j’ai été désappointé, mais quelque part j’ai marqué, trop tard, mais il me reste l’espoir. L’espoir qu’un jour ces fleurs, par douzaine j’enverrai à celle qui sera prête à m’aimer. Un réconfort bien mince pour un état précaire, mon monde à refaire, réaligné les pierres, comme les étoiles dans le ciel. Et une douce lueur au fond de mon oeil sans peur, une lueur qui grandira, doucement, jour après jour, me préparant à l’amour. Ces tristes marguerites sont arrivées trop tard, dans une vie où j’étais passé à autre chose. J’ai chassé des fantômes, qui m’envoient maintenant des fleurs, comme s’ils sentaient encore, ce que peut ressentir mon corps. Et la roue tourne et je me retourne, sans sourire, sans larmes. Puis s’effritera ce vacarme, comme on effrite les marguerites, comme un amour qui longtemps on souhaite et que le temps fait faner. Merci douce amie… merci.
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